Oui 9...

En mêlée… 2 mots qui pourraient tout aussi bien tenir en un seul : emmêlée! La sueur froide me guette à l’idée de démêler tout ça… Mais bon, allez, on y va !

Comme vous avez pu le constater,  de nouvelles règles ont été mises en place depuis le début de la saison 2013 dans le but de sécuriser les joueurs (en limitant l’impact) et diminuer le nombre de mêlées à rejouer.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, petits rappels :

-> Une mêlée sanctionne une faute mineure, telle que l’en-avant, un renvoi tapé directement en touche, un ballon devenu injouable,  un ballon introduit et aplati par une équipe dans son propre en-but etc… La liste est cependant loin d’être exhaustive…

-> Lorsqu’une mêlée est ordonnée par l’arbitre, ce dernier marque au pied l’emplacement où elle se déroulera.

-> Les 2 équipes se mettent ensuite en formation de la manière suivante :

 

melee-rugby

L’arbitre peut alors annoncer les commandements :

Le talonneur, un pilier, voire même la poussée (droite) vont ensuite permettre à une équipe de gagner le ballon.

La mêlée sera terminée lorsque le ballon sortira obligatoirement, à minima, derrière les pieds des piliers, en général par les pieds du numéro 8. Mais, la mêlée est également finie lorsque le 8 ou le 9 se saisissent du ballon. Toucher le ballon ne suffit pas.

Cependant, comme tous les supporters l’ont constaté, les résultats attendus ne sont pas visibles. Pourquoi ?

Tout d’abord, en France, la mêlée est culturellement un moment de combat privilégié des premières lignes. Toutes les équipes connaissent le fameux dicton britannique : « No scrum, no win » (pas de mêlée, pas de victoire).

Partant de ce principe, tous les moyens sont bons alors pour déstabiliser la mêlée adverse : tirage de maillot, poussée en travers, poussée anticipée, entraîner son adversaire vers le bas ou vers le haut pour obtenir une pénalité… Si on ajoute un terrain glissant (favorisant les pertes d’appuis), un manque de synchronisation de la poussée, ou simplement des commandements mal entendus, nous pouvons facilement comprendre qu’une mêlée ne se déroule pas normalement.

Et ce n’est pas fini ! Depuis cette année, il y a le fameux « Oui, 9!», qui n’est pas, il faut le dire, la meilleure invention de l’IRB.

En effet, l’arbitre doit annoncer ce commandement lorsqu’il juge la mêlée stable. Or, au-delà du fait qu’un bon nombre d’arbitres n’a jamais joué en première ligne pour en comprendre toutes les finesses, le législateur du rugby demande aux deux packs, sous tension, pesant en moyenne 900 Kg chacun (celui du Lou, contre Mont-de Marsan pesait 897Kg), et commandés simultanément par 16 cerveaux, d’être en mesure de rester immobiles au contact !!  Ça ne fonctionne pas vraiment !

Pour conclure, si nous ajoutons que, dans certain cas, après l’écroulement d’une mêlée, aucun des participants (en toute honnêteté) ne sait pourquoi la mêlée est tombée, ce cas n’est donc pas prêt d’être résolu! Nous, supporters, n’avons pas fini de penser que l’arbitre s’est encore trompé de décision et surtout, nous ne sommes pas encore près d’assister à de belles mêlées, propres, loyales et disputées… A moins que le législateur ne les supprime du règlement …

Mais ceci serait une autre histoire…